Les bienfaits du Yin Yoga avec Camille Satya

Camille Satya enseigne le yin au Tigre après avoir pratiqué la danse à haut niveau pendant des années. C’est lors d’un tour du monde et d’une étape appuyée en Inde qu’elle se forme au yoga. De retour à Paris, une blessure l’empêche de pratiquer quelque sport que ce soit, elle se met au yin. Camille trouve alors dans ce yoga restauratif un bien-être inédit. Elle n’enseigne plus que ça depuis trois ans et décrypte avec nous les bienfaits de cette pratique aux vertus souvent insoupçonnées.

Holissence : Quelles sont les caractéristiques principales du yin ?

Camille Satya : C’est un yoga très à part des autres formes de yoga, à commencer parce qu’il est très récent. Le yoga a 5000 ans quand le yin n’a que 20 ans ! Il tire ses origines de pratiques de la Chine et non de l’Inde. Alors que le yoga dit “traditionnel” va chercher dans le tantrique, le védique. Le yin va plus être inspiré par le tao, et les autres formes de sagesse chinoise.

Holissence : Concrètement, sur quels piliers reposent la pratique du yin ?

Camille Satya : La pratique du yin est différente d’un yoga classique, on laisse le corps se placer, il n’y a pas de posture parfaite. Ensuite, on travaille le relâchement musculaire, on tient dans l’immobilité. En moyenne, une posture de yin dure 5 minutes et cela permet au bout de 3 minutes de relâcher complètement le muscle. On oublie ses réflexes et tensions nerveuses. Les deux dernières minutes de la posture, on va aller toucher les tissus qui sont plus profonds que les muscles auxquels on n’a quasiment jamais accès, qui sont les fameux “fascias”.

Holissence : La pratique du yin est-elle contraire ou complémentaire au yoga classique ?

Camille Satya : Compte tenu du fait qu’il n’y a pas d’ajustement, pas d’alignement parfait, qu’on ne cherche pas la posture parfaite etc., le yin se différencie beaucoup du yoga classique mais il est justement complémentaire ! C’est le yin et le yoga serait le yang, le mouvement. L’un n’existe pas sans l’autre. Une pratique de yin toute seule ne se suffit pas, mais à ne faire que yang, au bout d’un moment, il vous manquera une relaxation musculaire et une régénération des tissus.

Holissence : Dans quel contexte et à quel type de personnes pourrait-on recommander un cours de yin ?

Camille Satya : Le yin peut être une excellente façon de se mettre tout doucement au yoga pour les grands débutants. Il vient compléter parfaitement une pratique intensive de yoga Hatha, Vinyasa ou Ashtanga. Ce qui est pratique pour les grands débutants, c’est le temps car il permet de bien comprendre les postures. On ne ressent pas la même chose au bout de 5 minutes qu’après trois respirations ! Cela peut être aussi parfois un excellent yoga pour des personnes par exemple malades ou en rémission car il s’adapte véritablement au corps et aux exigences de chacun. C’est la magie de la posture pas parfaite !

Holissence : Quelles sont les vertus de la pratique d’un cours de yin ?

Camille Satya : Le yin est un magicien du sommeil, évidemment. Ce yoga stimule les organes, il est aussi très bon pour la digestion. C’est une pratique qui est très méditative donc c’est une excellente manière d’apprendre à méditer. Dans les autres types de yoga, on parle de chakras, alors qu’en yin on parle de méridiens, puisque l’on s’inspire de la médecine chinoise. Cela part du principe que chaque organe est associé à quelque chose de plus émotionnel. Le yin a d’excellentes vertus d’un point de vue énergétique. J’aime beaucoup répéter cette phrase à propos du yin qui est : “observez tout ce qui se passe quand il ne se passe rien”. C’est souvent quand on pense qu’il ne se passe rien, qu’en réalité il se passe plein de choses.

« Yin Yoga », de Camille Satya, Editions Marabout, sortie le 16 août 2018.