Longtemps, le bien-être a été associé à l’optimisation : mieux manger, mieux dormir, mieux bouger, mieux gérer son temps. Puis est venue l’ère du bien-être visible, partagé, scénarisé. Méditation en story, retraite en carrousel, routine matinale documentée.
Aujourd’hui, une nouvelle bascule s’opère. Plus silencieuse, plus intime. La capacité à se déconnecter devient un marqueur central du bien-être contemporain.
Dans un monde saturé de notifications, d’images et d’injonctions, le repos n’est plus seulement physique ou émotionnel. Il devient cognitif. Et ce repos-là est devenu rare.
Se déconnecter pour se réguler
Du point de vue du bien-être, la déconnexion n’est plus un luxe accessoire. Elle apparaît comme une nécessité physiologique et mentale. L’hyperconnexion maintient le système nerveux en état d’alerte permanent, fragmente l’attention et empêche l’organisme de basculer pleinement en mode récupération.
Pouvoir se déconnecter, c’est offrir au corps et à l’esprit un espace de régulation. Un temps sans sollicitations, sans comparaison, sans performance implicite. Un temps où l’on cesse de produire, de montrer, de répondre.
Ce temps est aujourd’hui inégalement réparti. Tout le monde ne peut pas s’autoriser l’indisponibilité. C’est là qu’émerge la notion de digital privilege, non pas comme un signe de supériorité, mais comme un révélateur de notre rapport collectif au repos.
Le bien-être invisible
Dans l’univers Holissence, le bien-être n’est pas spectaculaire. Il ne se mesure pas à ce qui est montré, mais à ce qui est ressenti. Or, un nouveau paradoxe s’impose : plus une pratique de bien-être est documentée, moins elle est pleinement vécue.
La déconnexion redonne au bien-être sa dimension intérieure. Elle remet l’expérience au centre, plutôt que son récit. Ne pas poster une retraite, ne pas partager un moment de calme, ne pas transformer chaque pause en contenu devient une manière de préserver l’essentiel.
Ce bien-être invisible, non quantifié, non validé socialement, gagne en valeur. Il n’est plus là pour prouver, mais pour soutenir.
Vacances réparatrices et expériences hors écran
Dans cette logique, les vacances changent de fonction. Elles ne sont plus seulement un changement de décor, mais une véritable coupure. Une pause qui permet au système nerveux de ralentir, au sommeil de se réajuster, à l’attention de se reconstruire.
De plus en plus de lieux de bien-être intègrent cette dimension dans leur approche. Absence de Wi-Fi, téléphones mis de côté, espaces pensés pour réduire les stimulations. La déconnexion n’est plus une contrainte, mais une condition du soin.
Les expériences dites offline s’inscrivent dans la même dynamique. Lectures longues, pratiques corporelles, respirations guidées, marches silencieuses, soins sans musique ni écran. Des expériences simples, mais profondes, parce qu’elles ne sont pas interrompues.
Le vrai luxe du bien-être : la lenteur
Dans un monde où tout s’accélère, le bien-être retrouve une valeur fondamentale : la lenteur. Lenteur des gestes, des pensées, des rythmes. La déconnexion devient alors un outil de ralentissement, mais aussi de réappropriation de son temps.
Ce mouvement n’est pas un rejet du numérique. Il marque plutôt une maturité. Celle qui consiste à choisir quand se connecter, et surtout quand ne pas le faire. Le bien-être ne réside plus dans l’accumulation de pratiques, mais dans la capacité à créer de l’espace.
Se déconnecter pour mieux se retrouver
Pour Holissence, cette tendance raconte quelque chose d’essentiel. Le bien-être de demain sera moins démonstratif et plus incarné. Moins visible et plus vécu. Moins commenté et plus ressenti.
Se déconnecter n’est pas fuir le monde. C’est revenir à soi.
C’est reconnaître que certaines expériences n’ont pas besoin d’être partagées pour avoir de la valeur.
Et que, parfois, le plus grand soin que l’on puisse s’offrir est simplement celui du silence.