Happy birthday Holissence

Holissence a 9 ans : lettre à celles et ceux qui nous suivent

Le 27 septembre, Holissence a eu 9 ans. J’ai longtemps hésité à écrire ce texte. Parler de soi n’est pas l’exercice que je préfère. Mais neuf ans, c’est presque une décennie de ma vie. J’avais envie de vous la raconter autrement qu’en liste de tendances.

Une idée en France, un site à Amsterdam, un nom à Malibu

Je vais commencer par un aveu : Holissence n’est pas né dans un bureau. Il est né entre deux vies. En septembre 2017, je refermais le chapitre de l’agence que j’avais fondée neuf ans plus tôt. Le même mois, j’ouvrais celui-ci. Je crois qu’on ne mesure jamais sur le moment à quel point ces deux gestes sont liés. Quitter quelque chose que l’on a construit laisse un vide. J’ai eu envie de le remplir avec ce qui me faisait du bien.

L’idée est venue en France, presque comme un besoin personnel avant d’être un projet. Le site, lui, a pris forme à Amsterdam. Je garde de cette ville le souvenir d’un rythme plus lent, de vélos sous la pluie et d’un supermarché qui venait d’ouvrir un rayon entièrement sans plastique. Quant au nom, il m’a attendue à Malibu, face au Pacifique. Holistique, parce que je n’ai jamais cru qu’on puisse soigner la peau sans l’esprit ou l’esprit sans l’assiette. Essence, parce que j’avais besoin de revenir à l’essentiel. Le mot est arrivé d’un coup. Je l’ai noté, je l’ai répété à voix haute et j’ai su.

Les débuts : une bulle que j’assume

Les premières années, Holissence était une bulle. Je partageais les adresses qui m’apaisaient, les tables de Venice, le désert de Palm Springs, les premiers spots healthy de Paris. On se demandait quel yoga choisir, on découvrait le make-up no make-up et le charbon végétal.

Je relis parfois ces articles avec tendresse et un peu d’amusement. Certains avaient vu juste bien avant tout le monde. D’autres suivaient l’engouement du moment, je ne vais pas prétendre le contraire. C’est en les relisant que j’ai compris ce que je voulais vraiment faire : pas seulement montrer ce qui est beau, mais aider à distinguer ce qui tient de ce qui passe.

2020 : le jour où le bien-être est devenu vital

Puis il y a eu le printemps 2020. Je me souviens de cette sensation étrange d’écrire sur le bien-être pendant que le monde avait peur. Était-ce futile ? Vos messages m’ont répondu que non. Nous avons appris ensemble à faire de sa salle de bains un spa, à se retirer sans partir et à se masser soi-même, faute de pouvoir être touchés par d’autres.

C’est aussi à ce moment-là que j’ai eu besoin de plus de rigueur. Parler de micronutrition, d’exposome ou de microbiote cutané, c’était refuser les promesses miracles au moment précis où tout le monde en cherchait.

Décembre 2020 : une maison au Bon Marché

Et puis il y a eu la Maison. Fin 2020, alors que tout semblait encore suspendu, Holissence a ouvert sa Maison Bien-Être au Bon Marché Rive Gauche. Pour la première fois, le média quittait l’écran pour devenir un lieu. Un coin masterclass et deux cabines : l’une pour les massages, l’autre pour les thérapeutes. J’ai vu des femmes entrer pour un soin de quarante-cinq minutes et ressortir avec un peu plus de légèreté dans les épaules. Après des mois de distance, on pouvait de nouveau prendre soin les uns des autres.

La Maison devait durer quelques semaines. Elle est restée dix-huit mois. Je crois que c’est l’aventure qui m’a le plus appris. On y pratiquait déjà le gua sha, le kobido et le drainage lymphatique, bien avant qu’ils ne deviennent des tendances TikTok. Merci aux praticiennes et aux praticiens qui l’ont fait vivre et au Bon Marché de nous avoir ouvert ses portes. Cette maison reste, pour moi, le cœur battant de ces neuf années.

2021-2022 : mes années rituels

J’ai aimé les rituels et je les aime encore. Les rendez-vous de la pleine lune n’ont jamais été pour moi une affaire d’astronomie appliquée à nos humeurs, mais une excuse délicieuse pour s’arrêter une fois par mois. Le gua sha a trouvé sa place sur ma table de nuit. Le brossage à sec dans mes matins. Et j’ai vu le Pilates sur reformer passer du studio confidentiel au phénomène de société.

Ces années-là, beaucoup d’entre vous ont tout remis en question. Certaines ont quitté Paris pour la province, d’autres ont rejoint des cercles de femmes. Le bien-être devenait un choix de vie. Je le sentais aussi dans ma propre existence.

2024 : courir, écrire, respirer

2024 a été une année très personnelle. Paris vibrait au rythme des Jeux olympiques et je courais. Beaucoup. Je vous l’ai raconté dans mon témoignage pour la Journée mondiale du running. La course m’a appris la régularité, la patience et une forme d’humilité face à son propre corps. Autour de moi, le running devenait un phénomène et les clubs de course de nouvelles familles.

C’est aussi l’année où j’ai publié La méthode ENJOY. Écrire un livre, c’est accepter de se dévoiler un peu. J’y ai mis ce que des années de stress, de projets menés de front et de recherche d’équilibre m’avaient appris. Vous en retrouverez l’esprit sur Holissence. Dans le même temps, la lecture de Jonathan Haidt et de sa génération anxieuse m’a bouleversée, en tant que femme et en tant que mère. La santé mentale est devenue un fil que je ne lâcherai plus.

2025 : vieillir, enfin un sujet

En 2025, j’ai eu l’impression que nous avions tous changé d’horizon. On ne cherchait plus seulement à aller mieux aujourd’hui, mais à bien vieillir. Les marques ont investi la longévité, le biohacking a fait rêver autant qu’il m’a parfois inquiétée.

Et surtout, on a enfin parlé de la ménopause. J’ai été heureuse que nous puissions en parler sans détour, de la santé cérébrale au guide de la sage-femme Anna Roy. Pendant des années, ce sujet se murmurait. Aujourd’hui il s’écrit. C’est peut-être l’une des victoires dont je suis la plus fière.

2026 : j’ai appris à ralentir

Cette neuvième année m’a ressemblé. Après la performance est venue la récupération. Après la longévité, le healthspan : non plus vivre longtemps, mais vivre bien. J’ai écrit sur le sauna devenu lieu de rendez-vous, sur les gym goblins qui bougent sans se regarder, sur l’art de ralentir sans culpabiliser. Je crois que j’écrivais aussi un peu pour moi.

Et puis il y a eu les sujets qui m’amusent et me passionnent à la fois, ceux qui disent quelque chose de notre époque : le comfort viewing, la badalada, le looksmaxxing. Et ceux où j’ai voulu remettre les pendules à l’heure, comme ces douze conseils bien-être passés au crible ou ce que dit vraiment la science du drainage lymphatique du visage.

Ce que neuf ans m’ont appris

Si je devais résumer ces neuf années en une phrase, ce serait celle-ci : plus le bien-être s’est démocratisé, plus il a eu besoin d’être expliqué. Quand j’ai commencé, c’était un petit monde. Aujourd’hui, c’est une industrie, des millions de vidéos et autant de promesses. J’ai donc changé de rôle sans l’avoir prévu. Je suis passée de celle qui partage à celle qui décrypte, qui nuance et qui relie la science, la culture et l’expérience.

Le bien-être n’est pas une performance. C’est une manière d’habiter le monde.

J’ai appris aussi que les tendances reviennent toujours, transformées. Le brossage à sec d’hier annonçait le drainage lymphatique d’aujourd’hui. Le sauna infrarouge préparait le sauna partagé. Les rituels lunaires et le ralentissement répondent au même besoin : reprendre la main sur son temps. Au fond, depuis neuf ans, je raconte la même quête sous des formes différentes. La vôtre et la mienne.

À retenir

Holissence, média bien-être indépendant fondé le 27 septembre 2017 par Élodie Jacquemond, fête ses 9 ans et réunit une communauté de 200 000 personnes.

En neuf ans, les tendances bien-être sont passées du lifestyle inspirant au bien-être à domicile (2020), aux rituels (2021-2022), au mouvement (2024), à la longévité (2025) puis à la récupération (2026).

La ligne éditoriale s’est affirmée autour de trois verbes : décrypter, nuancer, relier.

Merci

Je n’aurais rien fait seule. Merci aux maisons et aux marques qui m’ont fait confiance, parfois dès les premiers mois, quand Holissence n’était encore qu’une promesse : Chanel, Aroma-Zone, Accor, Shiseido, Holidermie, Guerlain, Rituals et toutes les autres. Avec chacune, j’ai appris quelque chose sur un savoir-faire, une innovation, une manière de prendre soin.

Merci aux expertes, aux experts et aux praticiennes qui ont accepté de partager leur savoir. Merci à celles et ceux qui ont écrit, photographié, relu à mes côtés. Et merci à vous, surtout. Vous êtes 200 000 aujourd’hui et je pense souvent à vous en écrivant. Vos messages, vos questions et parfois vos désaccords m’ont rendue plus exigeante. C’est vous qui avez fait de ce projet né entre deux vies un vrai média.

Rendez-vous l’an prochain pour les dix ans. D’ici là, prenez soin de vous, à votre rythme. C’est tout ce que je vous souhaite.

Avec toute ma gratitude,
Élodie